Roger Fecteau

Ma découverte du verre comme matériau d’expression privilégié fait d’abord l’objet d’un hasard planifié. Planifié par mon histoire personnelle qui m’a fourni, sans que je le sache, des expériences intenses avec la couleur puis, avec la transparence.

En 1987, premier contact avec le verre, histoire de raviver ces expériences enfouies sous les sédiments d’une vie professionnelle dans le domaine des sciences humaines. C’est alors l’émergence d’une sensation nouvelle, porteuse de nouveaux projets et surtout, porteuse d’un moyen de communiquer l’intériorité, d’échanger d’autres choses sur d’autres bases.

À l’origine de cette sensation: la lumière. Pour ma part, le travail du verre, quelque soit la technique utilisée, c’est essentiellement un travail de construction avec la lumière. Lumière qui traverse, lumière qui se réflète, lumière qui se projette, lumière qui découpe, qui entoure, qui perce le secret de la matière.

Fasciné par le travail des verriers du Moyen-Age, ces “maîtres de la lumière”, mais en même temps interpellé par le monde contemporain et ses problèmes de société, ma démarche se veut une réflexion sur le temps et l'espace, le mouvement et l'immobilité ou plutôt l'immuabilité. Comment concilier ce besoin fondamental de permanence des choses, des êtres, avec le mouvement perpétuel de la vie? Y’a-t-il un point d’équilibre entre la vie (le mouvement) et la mort (le non mouvement)?

L'utilisation de figures géométriques, contaminées par des lignes ou des formes aléatoires tentent de rendre compte de cette recherche et de pousser la part d'inusité dans le construit.

L'objet de verre, fonctionnel ou non, constitue l'oeuvre à partager avec sa charge significative propre.